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La Moudawana décroche sa journée nationale

9 ans de règne
La Moudawana décroche sa journée nationale

9 ans de règne
La Moudawana décroche sa journée nationale
 
· L’occasion de faire le bilan des acquis

· Participation politique de la femme, un autre défi à relever


Dix octobre. Une date mémorable que SM le Roi Mohammed VI a proclamée, le 11 juillet dernier, «Journée nationale de la femme marocaine». Cette dernière vise à commémorer le discours historique prononcé en octobre 2003 annonçant un texte social majeur, le nouveau code de la famille. L’occasion aussi d’évaluer le bilan et les perspectives de cette réforme. «La Moudawana est le plus grand chantier de réformes et un référentiel qui se base sur l’égalité des sexes», affirme Fouzia Assouli, présidente de la Ligue démocratique pour les droits des femmes.
Une des priorités affichées est la protection des droits des femmes. On peut citer également à titre d’exemple l’entrée en vigueur du nouveau code du travail fondé sur le principe de la non-discrimination en matière d’emploi et de salaires. «Le constat majeur pour cette période est incontestablement le saut qualitatif dans l’instauration de ce principe de l’égalité, mais cela reste un premier pas», ajoute Fouzia Assouli. En effet, ces avancées ne suffisent pas à améliorer significativement la position des femmes dans la société et leur pleine participation au développement. «Les acquis sont confrontés au problème de l’application des nouvelles dispositions», insiste-t-elle. En effet, des résistances, aussi bien dans la société que dans le système judiciaire, persistent. Les stéréotypes en termes de rôle et de responsabilité des hommes et des femmes pèsent sur certaines législations et leur mise en œuvre. Des difficultés quant à la perception différente des traditions et des prescrits religieux qui peuvent entraver l’accès des femmes à l’égalité. A cela s’ajoute l’absence de mécanismes efficaces de suivi de la mise en œuvre de ces droits.
Quant au volet politique, les droits des femmes sont reconnus par la loi. Pourtant, leur présence dans ce champ reste très faible. La proportion des femmes sur la scène n’est pas considérée comme porteuse d’impacts positifs sur la condition des femmes, selon Khadija Errebah, fondatrice du «Mouvement pour le 1/3 des sièges élus aux femmes, en vue de la parité». Le Maroc a reculé de la 2e place à la 7e au niveau arabe, selon une étude présentée en 2007 par l’Union parlementaire. «La promotion de la représentativité politique des femmes et leur accès aux mandats électifs fait partie, grâce à l’action des associations féminines, des défis que doit relever le processus démocratique au Maroc», ajoute Errebah. Il faut mettre l’accent sur la fragilité des acquis parce que la représentativité des femmes n’a pas été institutionnalisée et n’a été que le fruit d’un accord entre les partis politiques. De manière générale, l’accès de la femme à la prise de décision reste assez symbolique. Cependant, en termes d’influence, cette situation est en partie compensée par la participation active des femmes dans la société civile. «Une fragilisation des partis politiques est intervenue, d’où les associations ont forgé leur autonomie par rapport à ces parties», indique Assouli. En effet, depuis quelques années, davantage d’espaces d’action et de liberté ont permis aux associations de renforcer leur marge de manœuvre.
Quelques failles
Le législateur a autorisé le recours exceptionnel au mariage précoce dans des cas exceptionnels. Or, 9 demandes sur 10 ont été autorisées en 2006, faisant ainsi de l’exception une règle. Par ailleurs, les chiffres enregistrés pour la polygamie sont encourageants malgré l’existence de failles. Le manque de vérification des prétextes avancés est pointé du doigt ainsi que la prise en considération du seul facteur matériel pour juger de la capacité du mari de remplir ses obligations. L’article instituant le partage des biens est également source de complications. Il s’avère que les femmes ne demandent ce droit que de manière exceptionnelle, la sensibilisation autour de la question étant quasi absente. L’article reconnaît pourtant le travail au foyer en tant que composante des fonds familiaux. Quant au divorce, la loi a introduit la démarche judiciaire. Selon le rapport du ministère de la Justice, datant de février 2008, le divorce pour discorde (Chiqaq) a augmenté de 78%, le divorce par consentement mutuel (Khol’) quant à lui a baissé de 10%. Ce qui constitue un grand pas pour la femme, selon Zahra Azirae, coordinatrice du réseau de la Ligue démocratique des droits des femmes LBBD-Injad.

Jihane Kabbaj
Leconomiste Edition n° 2830 du 29 juillet 2008

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