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Pédophilie - Les lois existent mais elles ne sont pas appliquées

  Aujourd'hui, un enfant est agressé toutes les 30 secondes, 10 millions d'enfants sont exploités par des réseaux de prostitution dans le monde et 1 mill

PédophilieLes lois existent mais elles ne sont pas appliquées La révision des lois en vigueur pour incorporer les nouvelles formes d'exploitation devient une nécessité Aujourd'hui, un enfant est agressé toutes les 30 secondes, 10 millions d'enfants sont exploités par des réseaux de prostitution dans le monde et 1 million de plus sont victimes chaque année.Au Maroc, il y a un accroissement annuel des violences sexuelles de 4,5% en moyenne selon les données du ministère de la Justice. Pourtant, ce chiffre est loin de refléter la réalité sur la pédocriminalité dans notre pays. Et pour cause : la pédophilie est toujours considérée comme un tabou malgré les progrès réalisés. Ce fléau a même pris des proportions très importantes et, pour le moins, très préoccupantes dans notre pays.

En témoignent des scandales de pédocriminalité dans certaines villes marocaines largement relayés par les médias locaux et internationaux. «La pédophilie existe dans toutes les sociétés mais le contexte diffère. Dans notre pays, ce phénomène est toujours considéré comme un tabou. De même, la pédophilie est presque "une culture" dans certaines régions», souligne Dr Driss Moussaoui, professeur à la Faculté de médecine de Casablanca. Pour faire le point sur la situation actuelle au Royaume, l'association "Innocence en danger Maroc «IED»" a organisé une conférence avec la participation de plusieurs militants associatifs.

En effet, cette ONG internationale, après avoir ouvert des bureaux en Europe et aux Etats-Unis, a décidé de créer un bureau au Maroc pour porter son message dans le monde arabe. Les responsables de l'organisation ont choisi le Royaume en raison des efforts fournis, notamment par la société civile pour briser le tabou autour de cette question. Il est certain d'ailleurs que de nombreuses actions et projets ont été initiés à la fois par les départements ministériels concernés et les associations actives dans ce domaine mais les résultats restent en deçà des attentes. «La loi au Maroc protège les enfants.

D'ailleurs, le code pénal sanctionne l'abus et l'exploitation sexuels des enfants mais il n'est pas appliqué d'une manière rigoureuse. En effet, les sanctions prononcées par différents tribunaux sont le plus souvent sans commune mesure avec la nature des délits commis à l'encontre des enfants. Par ailleurs, la révision des lois en vigueur pour incorporer les nouvelles formes d'exploitation des enfants devient une nécessité», explique Dr Ghizlane Benjelloun, pédopsychiatre et vice-présidente d'IED Maroc.

Pour Najia Adib, présidente de l'association "Touche pas à mes enfants", les procès des enfants victimes d'abus sexuels butent sur de nombreux obstacles au niveau des tribunaux. «La majorité des pédophiles sont poursuivis en état de liberté et les peines dépassent rarement un an de prison ferme. Pis encore, certains criminels sont même acquittés par la justice marocaine comme ce fut le cas à Taghazout dans la région d'Agadir où un pédophile de notoriété publique a été libéré par la Cour d'appel», affirme-t-elle. Selon les observateurs, cette situation peut être expliquée par la banalisation de ce genre de crimes odieux.

Souvent, les magistrats prennent en considération les circonstances atténuantes, c'est pour cette raison que les peines sont souvent moins lourdes. Pourtant, il existe également des circonstances aggravantes qui semblent être ignorées. «Je trouve que le fait de marier une fillette à son violeur est une aberration qui est hélas très répandue, notamment dans le milieu rural. De plus, la défense des victimes se heurte à l'appréciation de la justice», déclare Me Bertoule Mouhcine, avocat au barreau de Kénitra. Tous les observateurs sont donc unanimes sur la nécessité d'adapter les textes de lois en vigueur à la situation actuelle.

Cependant, d'autres facteurs sociaux rendent la lutte contre les formes d'exploitation des enfants encore plus difficile. Ainsi, l'accès des victimes aux services de la police reste encore difficile. En fait, les familles des victimes ont peur de recourir à la police ou même de porter plainte devant la justice. Certains veulent seulement éviter un scandale, alors que d'autres ont tout simplement peur.

La mentalité qui prédomine donc rend la tâche plus ardue devant toutes les tentatives pour améliorer la situation. «Nous avons eu certains cas où le père a répudié sa femme juste parce que l'un des enfants a été victime d'un abus sexuel. Les parents vont même jusqu'à sanctionner l'enfant comme si c'était sa faute d'être la victime d'une personne inhumaine», ajoute Najia Adib. De grands efforts doivent être fournis pour la sensibilisation de la population. En attendant une réelle prise de conscience, la sensibilisation et la prévention restent les moyens efficaces pour lutter contre la pédophilie car malheureusement, aucun enfant n'est à l'abri.

Protéger l'innocence

L'association "Innocence en danger" a été créée dans le cadre d'un plan d'action adopté à l'issue de la réunion d'experts qui s'est tenue à l'UNESCO en janvier 1999 sous le thème «L'exploitation des enfants, la pornographie et la pédophilie sur Internet : un défi mondial».

À l'époque, cette réunion a été organisée suite au démantèlement de réseaux pédocriminels internationaux reliés par Internet. "IED" a constitué depuis une force d'actions de sensibilisation, de propositions, d'éducation et d'information auprès des structures concernées à l'échelle internationale. Cette organisation, qui a des bureaux à travers le monde, notamment à New York, Londres, Berlin, Genève et à Paris, regroupe des militants, des spécialistes d'Internet, des juristes et des décideurs dans le but de sensibiliser l'opinion mondiale sur le problème croissant que constitue la pédocriminalité.

Le bureau de cette organisation au Maroc aura pour mission de mener diverses actions dans le but de faire face à ce fléau.

le matin 25/11/2008

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