Vous cherchez un professionnel de droit?  
Par nom du cabinet :  
 
Bande passante Publicitaire

Hooliganisme : Une loi plus sévère mais?

Des agressions, des voitures, des bus et des vitres de tramway cassés, des passants horrifiés, des menaces sur YouTube, de véritables "Gangs of Casablanca et Rabat"; l'on se demande si c'est vraiment le fair play que prône le football au Maroc.   

Les images et vidéos faisant le tour du Web donnent froid dans le dos. Mais ceux qui ont vécu de près les incidents dramatiques qui ont émaillé le match Raja-FAR en garderont à jamais des séquelles.

Trop c’est trop. Les habitants de la capitale économique ont vécu un jeudi 11 avril noir. Menacés dans leurs biens et dans leur intégrité physique, ils ont fini par dégoûter un sport décidément porteur de tous les dangers. « On ne veut plus de football. Ce qu’on veut, c’est la sécurité », clament en cœur des Casablancais vraisemblablement écœurés par les actes de vandalisme commis par des pseudos supporters des FAR de Rabat. Le journaliste et écrivain Hassan Laassibi, se trouvant par coïncidence, dans le dédale  de ces événements, s’est longuement indigné sur sa page Facebook, contant sa peur de perdre la vie. Il n’a pas hésité à rappeler ce vieil adage qui dit : « Le rugby est un sport de sauvages pratiqué par des gentlemen. Et le foot est un sport de gentlemen pratiqué par des sauvages ».

Car comment qualifier ces actes fort répréhensibles sinon de barbares. Nombreux sont ceux qui ne trouvent pas les mots. Pourtant, tout indiquait que le soi-disant classico allait se jouer sous haute tension. Durant toute la semaine, des supporters des FAR menaçaient, sur les réseaux sociaux, de transformer le Vert rajaoui en Rouge, allusion faite au sang.

Autrement dit, ils menaçaient de tuer quiconque tentera de leur barrer le chemin. D’où la question qui se pose avec acuité est de savoir si les forces de l’ordre n’ont pas failli à leur mission ou s’ils n’ont pas pris au sérieux ces menaces. « Elles ont été tout simplement dépassées », reconnaît un agent qui s’est confié à Menara sous couvert de l’anonymat.

Dès l’après-midi, une vague déferlante s’était abattue sur la ville Blanche. De la gare Casa-Voyageurs au Complexe Mohammed V, en passant par les grands boulevards et les artères, des centaines de supporters ont semé la panique sur leur passage. Détruisant magasins, vitrines, voitures, cafés, ils ont même eu l’outrecuidance d’attaquer des foyers paisibles. Le tramway n’a pas été épargné, des rames ont été endommagées. Pis, des simples particuliers ont été attaqués physiquement. Armés de couteaux, coutelas, sabres, toutes sortes d’armes blanches, de pierres…, les fauteurs de troubles se sont donné à cœur joie de rouler les mécaniques.

L’on comprend dès lors pourquoi les autorités locales voulaient interdire les matchs en nocturne, considérant que la violence est plus difficile à cerner la nuit que le jour. « Ce qu’il faut, commentent amèrement sur les réseaux sociaux de nombreux casablancais, c’est interdire purement et simplement la pratique footballistique. » Exagéré certes. Il n’en demeure pas moins que l’emplacement du Complexe Mohammed V est une nouvelle fois remis en cause. « N’est-il pas temps de soulager la population avoisinante des cris et bousculades des supporters toutes les semaines ? » se demande-t-on.

Le match Raja-FAR s’est soldé par un nul (1-1). Mais qui se souviendra de la prestation des deux formations face aux dégâts importants causés par les supporters des FAR ?

Au final, 193 personnes ont été interpellée, selon le ministère de l’Intérieur. Mais le mal est déjà fait. Et la peur qui accompagnera désormais les matchs de foot dans la capitale économique risque de ne pas de dissiper de sitôt. Et il est à craindre que l’image du Maroc devant organiser deux fois de suite la Coupe du monde des clubs ne soit écornée à l’international. C’est à craindre !

De nouveaux articles sanctionnant les personnes coupables de violence commise lors ou à l’occasion de compétitions ou de manifestations sportives ont été adjoints au code pénal marocain et dont l’application entrera en vigueur à partir du mois 1er octobre 2011. «Ce texte vise à combler certaines failles de l’arsenal juridique concernant cette violence, qui commence dans les stades et s’étend le plus souvent après les matches, dans la rue»

2007 - 2018 © Juristique.com, Tous droits réservés.
Nous contacter